Vous souvenez-vous seulement du gouffre financier Final Fantasy : Crystal Chronicles, le jeu qui devait transformer votre Gamecube en épopée épique avec trois de vos amis le temps d'un après-midi... Pour peu que tout le monde dispose d'une Game Boy Advance et d'un câble GBA/GC. A l'époque, le scandale avait fait grand bruit, tant il était rare que de telles conditions (qui soit dit en passant n'auraient pas dû exister, pour de simples raisons d'accessibilité) soient réunies. Square-Enix retente aujourd'hui sa chance en faisant revivre un univers coloré et fort sympathique, quoiqu'un brin enfantin, dans Final Fantasy Crystal Chronicles : Ring of Fates.
Vous incarnerez ici les jumeaux Yuri et Chelinka, frère et soeur de la tribu des Clavat. Un jour, alors que votre père vous laisse jouer avec une hachette (normal...) vous décidez d'aller vous promener dans des grottes sombres et infestées de monstres. Là-bas, vous ferez vos premières armes et gagnerez l'estime de votre inconscient papa, le temps de vous accoutumer aux contrôles simplissimes du jeu. Des flèches directionnelles, vous dirigerez votre personnage, tandis que les boutons serviront à sauter, attaquer, porter un objet ou lancer un sort. L'écran tactile quant à lui, affichera en permanence un menu dans lequel vous pourrez choisir entre vos différents sorts et potions, et même, un peu plus tard dans l'aventure, entre vos différents personnages. En effet, ce ne seront pas moins de quatres gugusses qui formeront votre fine équipe, parmi lesquels un de chaque tribu (Chelinka n'apparaissant que dans les cinématiques) aux caractéristiques spécifiques. Partout dans les niveaux, vous trouverez des portes ou objets que seule une tribu saura utiliser ; à vous alors de choisir le bon personnage pour vous dépatouiller.
Bien que placé sous le signe de la coopération et du travail d'équipe, le jeu propose tout de même un mode Histoire qui, bien qu'il propose une trame de fond intéressante, est terriblement frustrant d'un point de vue de joueur. Jugez plutôt : Vous dirigez seulement un des personnages, et les trois autres le suivent bêtement, se cognant dans chaque mur, tombant dans chaque trou ou se noyant dans la moindre flaque qui passe par là. A vous de les rappeler à l'ordre toutes les cinq secondes si vous ne voulez pas que leur barre de vie soit vide avant même de rencontrer un monstre. Mais même en combat, les trois autres boulets ne servent quasiment à rien. Poussés par un élan de solidarité, ils frapperont parfois mollement l'ennemi, à une cadence d'un coup toutes les vingt secondes, alors que vous matraquerez les boutons pour placer le plus de combos possibles. Cette IA au ras des pâquerettes vous fera rager plus d'une fois, surtout pendant les combats contre les bosses, dans lesquels on pourrait attendre d'un allié qu'il ne se place pas bêtement devant le gros rayon laser qui fait très mal.
Vient ensuite le problème des magies. Si il peut paraître intéressant de combiner plusieurs sorts pour en faire de nouveaux, la marche à suivre est tout à fait agaçante : En effet, pour lancer un sort simple, on déplace un réticule de visée sur le sol. On peut superposer plusieurs réticules avec un même personnage (ou des personnages différents) afin de faire des sorts plus puissants ou totalement nouveaux si on superpose des sorts de nature différente. Là où le bât blesse, c'est qu'avant un niveau élevé, on ne peut lancer que deux sorts par personnage : Il faudra donc superposer les deux sorts d'un personnage à la même place, changer de personnage pour en superposer un troisième au même endroit ce qui finalement déclenchera un sort un brin plus puissant... Dans le vide, puisque le monstre visé aura largement eu le temps de se faire la malle entre-temps.
Mais le pire, c'est qu'avec les objets précieux et rares que vous ramasserez, vous devrez faire des armes et armures plus puissantes pour votre équipe de bras cassés, puisqu'ils devront impérativement rester en vie pour battre le boss de fin ! De quoi devenir pingre, ou fou de rage. De toute manière, la quête principale sera rapidement bouclée (une petite dizaine d'heures) et son histoire ne pourra vous faire que bâiller d'ennui tant elle est indigne de ce dont Square-Enix est capable.
Fort heureusement, une chose bienvenue vient sauver ce triste tableau : le mode multijoueurs ! Des heures de bonheur. Pas de boulets contrôlés par la DS, une véritable coopération avec un cerveau par personnage, on regrettera cependant que tous les personnages doivent être dans la même pièce à chaque moment du jeu : impossible pour un d'eux de partir en éclaireur, et ce malgré le fait qu'il faille une DS et une cartouche par joueur. Un comble, qui rappelle un peu le scandale financier de l'épisode précédent en de moindres proportions. Espérons que le prochain épisode répare un peu plus encore cette lacune... D'autant plus que le jeu n'est jouable qu'en réseau local, alors qu'il aurait pu être tellement agréable de parcourir les donjons avec des amis de par le monde...